Cameroun: Les femmes représentent 89,3 % de la population veuve

Au Cameroun, plusieurs données issues des Nations Unies, de la Banque mondiale et des rapports nationaux illustrent la vulnérabilité sociale et économique des veuves. Sur l’ensemble des personnes veuves que compte le pays, les veuves représentent 89,3 % contre seulement 10,7 % de veufs. Une réalité alarmante qui s’explique par l’écart d’espérance de vie et la fréquence de nouvelles unions maritales chez les hommes. La journée internationale de la veuve célébrée chaque 23 juin rappelle la nécessité pour les veuves de s’imprégner de leurs droits successoraux.

Au Cameroun, les femmes représentent 89,3% de la population veuve, selon les données officielles. Cette situation s’explique notamment par l’écart d’espérance de vie entre les sexes ainsi que par la fréquence plus élevée des nouvelles unions matrimoniales chez les hommes.  À l’occasion de la Journée internationale des veuves, célébrée le 23 juin 2026 sous le thème « Justice, dignité et autonomisation économique pour les veuves », les associations et mouvements citoyens appellent au renforcement des mécanismes de protection afin de lutter contre les discriminations, les spoliations d’héritage et la précarité qui touchent de nombreuses veuves à travers la mise place d’un meilleure cadre juridique. Pour le magistrat Ulrich Xavier Ovono, les veuves doivent mieux connaître leurs droits fondamentaux et faire entendre leurs difficultés auprès des institutions nationales chargées de la protection de la femme, de la famille et des affaires sociales. 

Malgré les dispositions légales prises pour la protection de la veuve, l’accès à la justice reste difficile par manque d’information ou par peur des représailles sociales. Pour répondre à cette dérive, le législateur propose des sanctions face à toute personne qui contraint une veuve à des rites dégradants, l’expulse de son domicile ou la spolie de ses biens, précisément dans l’Article 358-1 du Code pénal. A côté des mesures repressives, des structures locales, à l’instar du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF) et de collectifs d’avocats, proposent des initiatives pour offrir un accompagnement juridique de la veuve. C’est le cas du Club des Ambassadeurs de la Masculinité positive (CAMP), une plateforme qui ambitionne de transformer les mentalités en plaçant les hommes et les garçons au cœur des solutions, dans une approche inclusive et durable. 

Le nombre de veuves est estimé à environ 500 000 au Cameroun recensées en 2011. Entre difficile accès aux droits successoraux et poids des pratiques coutumières sous-encadrées, la veuve représente l’une des catégories sociales les plus exposées aux violences basées sur le genre. D’après les données des Nations Unies, 61,9 % des femmes âgées de plus de 60 ans sont des veuves, ce qui en fait la catégorie démographique la plus exposée à l’isolement économique, notamment la précarité et l’exclusion financière. Des chiffres qui traduisent la nécessité d’un renforcement des droits successoraux de la veuve, dans un contexte marqué par de nombreuses pesanteurs sociales et culturelles. 


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