Depuis 2022, le Cameroun a fait de l’import-substitution une priorité, avec pour objectif de réduire les importations de produits pouvant être fabriqués localement et de renforcer la production nationale. Dans le secteur agroalimentaire, cette politique ouvre la voie à des initiatives privées qui misent sur la valorisation des ressources locales. C’est le cas de l’entreprise ALIVAL, qui s’inscrit pleinement dans cette dynamique. Elle propose une vaste gamme de produits dérivés du manioc, de la patate et du mil, contribuant ainsi à la promotion du “made in Cameroon” et à la transformation locale des matières premières.
Ingénieure agronome diplômée de l’ENSAI de Ngaoundéré, Alliance Bouyap figure parmi les femmes entrepreneures du secteur agroalimentaire au Cameroun. Elle dirige ALIVAL, une entreprise spécialisée dans la production de biscuits et de pâtisseries à base d’intrants locaux. Son activité s’inscrit dans la valorisation des matières premières nationales, dans un contexte où les importations atteignent 5 229 milliards FCFA en 2025 selon l’Institut national de la Statistique (INS), illustrant les efforts de réduction de la dépendance extérieure.
Selon l’INS, plus de 50 % des importations camerounaises concernent des produits manufacturés, un déséquilibre que tente de corriger ALIVAL. L’entreprise promeut le “Made in Cameroon” à travers la transformation locale des ressources.Alliance Bouyap souligne la création de valeur ajoutée et la substitution aux importations, positionnant ainsi son activité comme une réponse aux enjeux de souveraineté économique. Le parcours n’a pas été sans difficultés. En sept ans, ALIVAL a traversé plusieurs crises, considérées comme classiques pour une jeune PME. Dans un contexte concurrentiel, sa promotrice met en avant la résilience de l’entreprise.
Elle évoque aussi les défis de l’entrepreneuriat féminin, affirmant avoir trouvé un équilibre entre vie familiale et gestion, et considère la maternité comme un atout dans son approche du management.
Pour encourager la production locale, l’État camerounais mise sur la politique d’import-substitution, l’accès au financement des PME, les incitations fiscales ainsi que des initiatives comme le Plan Intégré d’Import-Substitution Agropastoral et Halieutique (PIISAH) 2024-2026, qui visent à transformer les matières premières locales et à réduire la dépendance aux importations. Malgré ces efforts, le Cameroun continue d’importer massivement, ce qui accentue le déséquilibre commercial. Le déficit commercial est ainsi passé de 1 747,3 milliards de FCFA en 2024 à 2 145,2 milliards de FCFA en 2025, soit une hausse de 22,8 %.





No responses yet