Cameroun : Pang’art, de la performance artistique aux racines africaines

Camerounaise originaire du Ndé et de la Lékié, Sandrine Panga Tchantchou, alias Pang’Art, n’est pas seulement une artiste plasticienne ; elle est une “performeuse” qui transforme son corps en un pont entre le monde ancestral et les maux de l’humanité, elle est une des nombreuses voix qui éveillent les consciences et interpelle telle une alerte humaine. Dans ce portrait, nous partons à Yaoundé dans son quartier Nkolbisson, à la rencontre de cette créatrice qui se veut multidimensionnelle. Nous découvrons une artiste qui refuse de laisser mourir son authenticité à travers un de ses spectacles : “le Cri”. Des œuvres qui attirent les lumières sur un art encore méconnu du public camerounais : la performance scénique. 

Sandrine Panga Tchantchou alias PANG’ART est ce qu’on appelle dans les milieux de la culture : une artiste plasticienne et une performeuse sur scène. Deux disciplines qui lui font revendiquer le qualificatif d’artiste multidimensionnel. Entre, chant, danse, dessin et autres, sa palette lui permet d’exprimer les nombreux talents qu’elle possède.  Ici au quartier Nkolbisson dans le 7ème arrondissement de Yaoundé, la capitale du Cameroun, où elle réside, l’artiste révise ses gammes au petit matin. Elle s’entraîne à présenter une de ses performances qu’elle baptise : “le cri”. Sur elle, des regards de spectateurs quelque peu dans le brouillard. 

Des allures de rite traditionnel ancestral africain, le spectacle qu’elle propose.  Cet anneau à base de matériaux de toutes sortes tracé sur le terrain et son corps qu’elle prépare et sanctifie préalablement, constituent, selon elle, des médiums, lesquels, à travers chants, danses, musiques, invocations et incantations, canalisent et expriment la détresse de l’humanité. Le lieu et le moment où elle décrie en décrivant les maux de la société,  où elle appelle à la protection des authenticités et au retour aux sources ancestrales elle, la fille du Ndé et de la lékié jalouse de ses héritages.

Une scène empreinte de spiritualité, mais rien de sorcier dans ce que réalise “la prêtresse”. Ce résultat est l’aboutissement d’un processus qui lui a imposé travail et discipline depuis plusieurs années. C’est  d’ailleurs à l’université de Yaoundé II, alors qu’elle étudie l’anthropologie, à l’époque, qu’elle réalise le plein étendu de son potentiel. Puis des rencontres et des circonstances vont l’orienter dans des activités culturelles. l’envol d’une force de la nature qui performe aujourd’hui au-delà des frontières camerounaises.

Le Cameroun regorge d’artistes évoluant dans des domaines variés tels que la musique, la danse, la mode, la photographie ou encore les arts numériques, dont plusieurs ont déjà atteint une reconnaissance affirmée. Toutefois, des artistes comme Pang’art continuent d’explorer les voies d’un art de la performance encore peu compris et insuffisamment connu du grand public camerounais. Consciente de cet enjeu, la trentenaire considère comme un véritable devoir de contribuer à la vulgarisation de cette discipline artistique afin d’en assurer la transmission et la reconnaissance auprès des générations futures.

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