Élargissement de l’assiette fiscal : Plusieurs réseaux sociaux taxés dès 2026 au Cameroun

Au Cameroun, la fiscalité entre dans une nouvelle ère avec l’intégration des entreprises numériques dans le champ de l’impôt. La loi de finances 2026 introduit pour la première fois une taxation dédiée aux plateformes de streaming comme Netflix, Spotify ou TikTok, aux services de publicité ciblée tels que Google Ads, mais aussi aux grandes marketplaces internationales. Dans un budget national en hausse de plus de 1 000 milliards de francs CFA, le gouvernement espère tirer près de 5 milliards de francs CFA par an de cette mesure. Une ressource supplémentaire présentée comme stratégique, alors que l’économie camerounaise cherche à mieux capter la valeur créée par l’activité numérique sur son territoire.

Ces géants du digital n’ayant pas de présence physique dans le pays, le Cameroun retient désormais la notion de “présence économique significative”, établie à partir d’un chiffre d’affaires annuel d’au moins 50 millions de francs CFA, ou de 1 000 utilisateurs locaux. Faute de comptabilité domestique, l’impôt reposera sur un calcul forfaitaire : 10 % des revenus réalisés auprès des utilisateurs camerounais seront considérés comme bénéfice imposable, taxés au taux standard de 30 %. Au final, la ponction s’élèvera à environ 3 % du chiffre d’affaires brut, un niveau comparable à celui déjà appliqué en Côte d’Ivoire, au Maroc ou encore en Tanzanie. Pour y parvenir, l’administration fiscale s’appuiera sur des indicateurs techniques comme l’adresse IP, la géolocalisation ou les coordonnées bancaires.

Reste que cette réforme, ambitieuse, s’accompagne de plusieurs défis opérationnels. L’identification précise des utilisateurs, le contrôle du chiffre d’affaires ou encore la mise en place d’un futur guichet numérique pour les déclarations mensuelles pourraient susciter des contestations de la part des multinationales, notamment sur le mode forfaitaire. Les consommateurs, eux, pourraient voir les tarifs de leurs abonnements augmenter, dans un contexte socio-économique où les ménages africains s’efforcent déjà de s’adapter à l’évolution rapide du marché numérique. Une transition fiscale qui ouvre la voie, au Cameroun comme ailleurs sur le continent, à un débat majeur : celui de l’équité entre acteurs locaux et plateformes mondiales.

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