Réélu à la tête du Cameroun pour un nouveau mandat de sept ans, le président Paul Biya aborde une étape charnière de son long règne. À 92 ans, celui que beaucoup considèrent comme l’un des derniers témoins de l’ère postindépendance doit désormais inscrire son action dans la perspective d’un Cameroun réconcilié, modernisé et tourné vers l’avenir. Les attentes sont fortes, tant à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur.
Sur le plan politique, l’urgence première reste celle du dialogue national. Après des années marquées par des crispations, des divisions et des contestations, Paul Biya a désormais l’occasion de laisser parler la sagesse de l’expérience. Le Cameroun a besoin d’un espace d’échanges sincères entre pouvoir, opposition et société civile. Le président devra consolider la décentralisation, une réforme inscrite dans la Constitution mais encore inachevée dans la pratique. Donner plus de moyens et de libertés d’action aux collectivités locales pourrait renforcer la gouvernance de proximité et restaurer la confiance citoyenne.
Vient ensuite la relance économique, véritable colonne vertébrale du nouveau septennat. Le Cameroun, pays aux ressources abondantes, doit impérativement diversifier son économie et réduire sa dépendance au pétrole et aux importations. La priorité devrait être donnée à la production locale, à la transformation agricole et au soutien aux PME, moteurs de l’emploi. Dans un contexte mondial instable, la maîtrise de la dette publique, la lutte contre la vie chère et la promotion du secteur privé camerounais constitueront les clés d’une croissance durable et inclusive.
La jeunesse, qui représente plus de 60 % de la population, attend des signes forts. Elle espère un État qui lui fasse confiance, qui crée des opportunités et reconnaisse son potentiel. Cela passe par une réforme du système éducatif, l’adaptation de la formation professionnelle aux besoins du marché et la promotion de l’innovation technologique. Dans la santé et le logement, le pays devra investir davantage dans les infrastructures de base et garantir un meilleur accès aux services essentiels.
Sur le plan sécuritaire, Paul Biya devra poursuivre les efforts de stabilisation des régions en crise, notamment dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, tout en engageant des initiatives de réconciliation durable. La paix ne se gagnera pas seulement par la force militaire, mais par la justice, la compréhension et la reconstruction. L’armée, symbole d’unité nationale, devra être accompagnée par une politique d’écoute et de reconstruction sociale.
Enfin, ce septennat pourrait aussi être celui de la transition historique. Après plus de quatre décennies au pouvoir, Paul Biya a la possibilité d’entrer dans l’Histoire non plus seulement comme le gardien de la stabilité, mais comme l’architecte d’une transmission pacifique du pouvoir, garante de la continuité de l’État et de la démocratie.
En somme, ce mandat devra être celui de la réconciliation nationale, de la refondation économique et de la transmission politique.
L’enjeu est immense, mais il pourrait offrir au Cameroun une nouvelle chance d’unité, de prospérité et de paix durable.





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