Le Centre International de Recherche sur la Prévention des Enfants Soldats (CIRPES), a effectué une mission de travail au Cameroun du 29 mai au 11 juin 2026, occasion de se présenter officiellement aux autorités administratives, acteurs du milieu académique, ainsi que les forces de défense et de sécurité. La rédaction de Wafrica TV vous propose un grand format sur les moments phares de leur séjour en terre camerounaise.
L’Afrique demeure le continent le plus durement frappé par le phénomène des enfants soldats. Selon les Nations unies, entre 130 000 et 150 000 mineurs y seraient enrôlés, de force ou volontairement, soit près de la moitié des quelque 300 000 enfants soldats recensés dans le monde. Derrière ces statistiques se dessinent des destins brisés, des enfances interrompues et des communautés profondément fragilisées par les conflits armés. Face à cette réalité, la prévention apparaît désormais comme un enjeu majeur pour les États, les institutions académiques et les organisations engagées dans la défense des droits de l’enfant.
Dans cette perspective, le Centre International de Recherche sur la Prévention des Enfants Soldats (CIRPES) déploie ses activités. En associant recherche scientifique, expertise juridique et plaidoyer, l’institution entend mieux comprendre les mécanismes qui conduisent à l’enrôlement des mineurs et proposer des réponses adaptées. Son ambition est de renforcer les dispositifs de prévention tout en contribuant à l’élaboration de politiques publiques capables de protéger durablement les enfants exposés aux conflits.
Le CIRPES entend également instaurer une coopération inédite entre le monde académique et les institutions de défense et de sécurité. L’objectif est d’intégrer davantage la protection de l’enfance dans les stratégies de prévention des conflits, les formations militaires et les opérations conduites sur le terrain. Une approche qui place la recherche au cœur des réponses sécuritaires et humanitaires.
Pour donner corps à cette vision, le Centre international de recherche pour la prévention des enfants soldats multiplie les partenariats avec les universités africaines. Le 1er juin 2026, une convention de coopération a ainsi été signée avec l’Université de Yaoundé I, désormais érigée en pôle de recherche consacré à la prévention du recrutement des enfants par les groupes armés. Cette collaboration vise à produire des connaissances scientifiques, à former une nouvelle génération de chercheurs et à accompagner les décideurs dans la mise en œuvre de stratégies de protection plus efficaces.
Au-delà des partenariats institutionnels, le CIRPES mise sur la sensibilisation du monde universitaire. À l’Université de Yaoundé I, les chercheurs ont animé une rencontre avec les étudiants du département d’Histoire autour de la Déclaration de Rabat. Adopté en novembre 2025, ce texte fixe l’ambition d’éradiquer le phénomène des enfants soldats à l’horizon 2040. Il appelle les États, les universités, les organisations internationales et la société civile à unir leurs efforts afin de prévenir le recrutement des mineurs et de renforcer leur protection dans les zones de conflit.
Les échanges ont également permis de mettre en lumière une réalité longtemps sous-estimée : la situation des filles associées aux groupes armés. Souvent absentes des statistiques officielles, elles demeurent également insuffisamment prises en compte dans les programmes de désarmement, démobilisation et réintégration. Pourtant, comme le rappelle l’UNICEF dans son communiqué du 12 février 2024, leurs parcours et leurs besoins diffèrent de ceux des garçons et nécessitent des réponses spécifiques, tant sur les plans psychologique, social que juridique.
Pour le CIRPES, la recherche constitue un levier essentiel afin d’identifier les facteurs qui favorisent l’enrôlement des enfants, d’améliorer les dispositifs de prévention et de proposer des solutions adaptées à la réinsertion des jeunes victimes. Cette démarche scientifique entend également fournir aux gouvernements africains des données fiables pour orienter leurs politiques publiques et renforcer les mécanismes nationaux de protection de l’enfance.
Selon les données actualisées des Nations unies et de l’UNICEF, près de 40 % des nouveaux cas de recrutement d’enfants soldats sont enregistrés chaque année en Afrique subsaharienne. Dans ce contexte, le CIRPES a conduit une mission au Cameroun du 29 mai au 11 juin 2026 afin de renforcer son expertise et de développer des réponses mieux adaptées aux réalités du terrain. Les consultations ont réuni les secteurs de la défense, de la sécurité, des affaires sociales et de l’enseignement supérieur. Les experts se sont également rendus au camp de réfugiés de Minawao, qui accueille près de 80 000 personnes, pour évaluer les facteurs de vulnérabilité susceptibles d’exposer les enfants au recrutement par des groupes armés. Cette dynamique s’est renforcée le 5 juin 2026 avec la signature d’un accord de coopération entre le Groupe panafricain With Africa et le CIRPES. Les deux institutions entendent faire de la recherche un outil au service de l’éducation, de la paix et du développement humain. À travers cette alliance, elles ambitionnent de promouvoir une jeunesse africaine responsable, résiliente et pleinement engagée dans la prévention des conflits.
Au-delà des partenariats conclus, le CIRPES poursuit une ambition plus large : harmoniser les pratiques, renforcer les capacités nationales et créer des passerelles durables entre recherche scientifique, action humanitaire et décision politique. En fédérant universités, institutions publiques et partenaires internationaux autour d’un objectif commun, le centre entend s’imposer comme une référence africaine dans la prévention de l’enrôlement des enfants soldats. Une conviction guide cette démarche : protéger les enfants aujourd’hui, c’est aussi préserver l’avenir, la stabilité et la paix durable sur le continent africain.





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