Cameroun: 165 milliards FCFA de pertes annuelles dues à  la contrebande d’or

Le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt) et le ministre de la communication, porte-parole du Gouvernement, ont tenu une communication gouvernementale face aux femmes et hommes de média le 15 juillet 2026. L’objectif de cette rencontre visait les projets destinés à restructurer le secteur minier. Le ministre des Mines a également présenté des mécanismes d’assainissement dans un contexte national marqué par une exploitation illégale des ressources minières.

Au Cameroun, la répression de la contrebande d’or s’impose désormais au sommet de l’agenda public. Ces exportations clandestines causeraient un manque à gagner annuel supérieur à 165 milliards de FCFA pour le Trésor. Entre 2021 à 2025, environ 44 tonnes de métal précieux se sont volatilisées hors des frontières, contre 148 kilogrammes  officiellement enregistrés à la douane, d’après la Société Nationale des Mines. Face à ce désastre financier, le gouvernement s’active pour restructurer l’ensemble de l’exploitation minière. Le 15 juillet 2026, une nouvelle stratégie a été dévoilée afin de moraliser le marché, sécuriser le suivi de l’extraction et maximiser les dividendes des richesses du sous-sol. C’est dans ce contexte que les ministères de la Communication et des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique ont animé, une conférence de presse conjointe consacrée aux mesures d’assainissement de la filière aurifère et aux préparatifs du lancement des grands projets miniers.

Les membres du gouvernement ont également présenté un potentiel de revenus bénéfique à l’Etat et aux collectivités territoriales. La planification de l’exploitation minière pourrait générer des fonds à hauteur de 2000 milliards FCFA par an, et près de 1000 milliards FCFA dans le moyen et long terme, a rappelé le ministre des Mines, de l’Industrie et du développement technologique. Ces opportunités sont présentées à partir des projets structurants annoncés notamment : le projet d’exploitation du fer de Bipindi Grand-Zambi, porté par une société camerounaise, le projet d’exploitation industrielle du marbre de Bidzar et Biou Sud, le projet d’exploitation de l’or de Colomine dans la Région de l’Est, les exploitations de fer de Mbalam dans la Région de l’Est, de Nkout et de Ngovayang dans la Région du Sud, ainsi que celles de l’or de Mborguéné à l’Est et de Bibemi dans le Nord. Des réformes qui ciblent principalement du fer, de la bauxite, de l’or, du marbre et du calcaire.

Le gouvernement prévoit également une intensification des inspections sur les gisements et une intégration juridique des artisans miniers, dans le but d’optimiser la gestion de l’activité et de doper à long terme l’apport du patrimoine souterrain à la croissance du pays. Les organismes chargés de la réglementation et du contrôle, et la Société Nationale des Mines (SONAMINES), auront pour mission d’assurer le suivi de la production artisanale et de la commercialisation de l’or. Ces mesures permettront une meilleure déclaration et collecte du fisc, estimé à 30% de la production totale. 

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