Cameroun: EAUtonomy : un projet scientifique pour répondre à la crise de l’eau

En Afrique, la pénurie d’eau potable et l’absence d’infrastructures d’assainissement continuent de menacer la santé et la stabilité de millions de personnes. Sur les 1,3 milliard d’habitants que compte le continent, seule une personne sur trois a accès à l’eau potable. Face à cette urgence, des chercheurs venus de plusieurs pays se sont réunis à Yaoundé au Cameroun dans le cadre du projet EAUtonomy, une initiative internationale pilotée par le Canada.

En Afrique, la pénurie d’eau potable et l’absence d’infrastructures d’assainissement continuent de menacer la santé et la stabilité de millions de personnes. Selon l’OMS et l’Unicef, seuls 500 millions d’Africains sur 1,3 milliard bénéficient d’un accès fiable à l’eau, et moins de 300 millions à des services d’assainissement de base. Dans les zones rurales, la situation est encore plus préoccupante : quatre personnes sur cinq n’ont pas accès à une source d’eau saine. Face à cette crise persistante, des chercheurs venus du Canada, du Ghana, du Cameroun, du Sénégal ou encore du Burkina Faso unissent leurs efforts à travers le projet EAUtonomy, pour proposer des solutions durables.

Réunis au 31 juillet 2025 à Yaoundé, lors d’un atelier méthodologique, ces experts ont dressé un état des lieux sans concession. Au Cameroun, par exemple, la production d’eau potable varie entre 650 000 et 800 000 mètres cubes par jour, selon les chiffres de la CamWater. Mais malgré cette capacité, la distribution reste très inégale, et les infrastructures d’assainissement insuffisantes. « La panne sèche persiste à plusieurs niveaux du système », déplore le professeur Bruno Ongo Nkoa, directeur du CERAPE. En cause : une gouvernance encore trop fragile, incapable de répondre à la pression démographique et aux défis climatiques.

Le projet EAUtonomy prévoit douze mois de recherche pour collecter et analyser des données sur le terrain. L’objectif : produire des recommandations concrètes à destination des décideurs politiques. Ce travail scientifique s’inscrit dans la perspective du 23e Congrès international de l’eau et de l’assainissement, que le Cameroun accueillera en février 2026. Un rendez-vous crucial pour un continent où, d’ici 2030, jusqu’à 250 millions de personnes pourraient être déplacées à cause du stress hydrique et de la dégradation des ressources naturelles.

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