Imaginez un immeuble né de la terre même qu’il surplombe. Une bâtisse qui vous plonge dans une ambiance de case ancestrale africaine tout en vous procurant le confort des techniques modernes d’architecture. C’est le défi que tente de relever Jean Jodel Mvoto Sombou, un jeune entrepreneur camerounais cis au quartier Djoungolo à Yaoundé. Entre murs en strates de terre et ossature en bambou, la méthode « Tia-Tia » qu’il promeut propose une alternative crédible et écologique à l’urbanisme africain avec moins de carbone, plus de fraîcheur. La découverte d’un bâtiment du futur qui puise ses racines dans le passé.
Pisé, bauge, torchis… Longtemps associée aux constructions traditionnelles, la terre crue revient sur le devant de la scène architecturale. À Yaoundé, dans le quartier Djoungolo, un bâtiment attire tous les regards. Érigé à près de 75 % en terre, il tranche avec les immeubles de ciment et de verre qui dominent le paysage urbain africain. À l’origine de cette œuvre : Jean Jodel Mvoto Soumbou, concepteur de la méthode Tia-Tia, une approche qui marie savoir-faire ancestral et exigences modernes du génie civil.
Ici, les couches de terre sont minutieusement superposées pour former des murs massifs, solidement ancrés sur une fondation en béton armé. Une ossature en bambou structure l’ensemble et accueille les différentes strates. À l’intérieur, la fraîcheur surprend. Selon son concepteur, l’édifice offre une meilleure régulation thermique, une résistance accrue face aux aléas climatiques et une empreinte carbone réduite. Des performances qui séduisent artisans, architectes et ingénieurs, de plus en plus attentifs aux alternatives durables.
Encore perfectible, le modèle suscite déjà l’intérêt au-delà des frontières camerounaises. L’immeuble de Djoungolo pourrait bien marquer le début d’une nouvelle dynamique urbaine, où la terre, ressource locale et abondante, retrouve ses lettres de noblesse. Une ambition : bâtir autrement, en s’appuyant sur les richesses du sol africain pour accompagner le développement économique et social du continent.





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