Engagement politique des jeunes : quand s’exprimer en ligne peut coûter la vie

En Afrique, les jeunes créateurs de contenus paient parfois le prix fort pour leurs opinions. Au Mali, Mariam Cissé, influenceuse âgée d’une vingtaine d’années suivie par plus de 140 000 abonnés sur TikTok, a été assassinée le 8 novembre 2025 sur la place de l’Indépendance à Tonka, dans la région de Tombouctou, par des hommes armés liés au groupe terroriste JNIM (Jama’at Nusrat al‑Islam wa al‑Muslimin). Elle était connue pour afficher son soutien à l’armée malienne. En Tanzanie, l’influenceuse Jenifer Bilikwiza Jovin, alias « Niffer », âgée de 26 ans, a été arrêtée le 27 octobre 2025 à Dar es Salaam pour avoir publié une vidéo sur un son jugé « anti-républicain ». Cette dernière pourrait être poursuivie pour haute trahison, une accusation passible de la peine de mort. Ces drames ont déclenché une vague d’indignation sur les réseaux sociaux et relancent le débat sur la liberté d’expression.

‘“Si nous devons être confrontés à ce genre de situation, si notre voix doit être réduite au silence simplement parce que nous parlons au téléphone, alors il y a beaucoup à dire sur nos problèmes internes, notre sécurité intérieure dont je parle constamment. Et je n’arrête pas de vous le dire, ces bandits sont sur TikTok. Ces criminels sont sur TikTok. Vous rencontrez des gens en direct et ensuite ils vont défendre le crime. Je n’arrête pas de vous le dire, prenez chaque menace au sérieux. Toutes ces personnes qui se battent avec toi sur l’application TikTok parce que tu dis la vérité sur ton pays, méfie toi d’eux. Ne prends pas à la légère chaque menace sur les réseaux sociaux. Bloque tous ces faux comptes et protège toi. Mais c’est à cela que nous sommes confrontés en tant qu’Africains. ’’

En 2025, l’Afrique comptait près de 299 millions d’utilisateurs actifs sur les réseaux sociaux, soit un taux de pénétration de 19,5 %, selon We Are Social et MeltWater. De plus en plus de jeunes investissent TikTok, YouTube, Facebook ou Instagram pour faire entendre leurs voix, entre engagement citoyen et contestation politique. Mais cette liberté numérique n’est pas sans risques : dans plusieurs pays, des internautes sont arrêtés ou poursuivis pour leurs publications. En Tanzanie, par exemple, des jeunes ont été interpellés après avoir repris sur TikTok une chanson virale inspirée d’un discours de la présidente Samia Suluhu Hassan, jugée offensante par les autorités. En réaction, de nombreux créateurs de contenu ont dénoncé ces arrestations, brandissant la liberté d’expression comme un pilier de la démocratie africaine émergente.

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