Les abats de volaille, la richesse insoupçonnée des marchés 

 Au marché Etoudi, à Yaoundé, les parties secondaires du poulet ne sont plus négligées. Longtemps considérées comme des déchets dans certains ménages, elles sont aujourd’hui consommées et vendues, générant revenus et emplois dans le secteur informel, principal pourvoyeur d’emplois au Cameroun.
Marché Etoudi dans le premier arrondissement de Yaoundé, la capitale du Cameroun. Parmi les étals colorés et les cris des vendeurs, un commerce particulier capte le regard : la vente des abats poulet, localement appelés  “Missounga”. Ici, après l’abattage, les nettoyeurs déplument et dépeçent la volaille, mettant de côté des morceaux longtemps négligés, mais aujourd’hui prisés sur les marchés : cœur, foie, tête, intestins et autres organes.

Parmi les habitués, Mme Béatrice Mendouga se distingue. Elle achète, revend et cuisine les cœurs et gésiers, faisant de cette activité sa principale source de revenus. « C’est un travail qui nourrit ma famille et celle des autres », confie-t-elle, sourire aux lèvres.

Pour certains camerounais rencontrés dans ce marché, ces aliments riches en protéines sont appropriés pour  la consommation humaine tandis que d’autres, les assimilent à des aliments destinés à l’élevage. Face au prix élevé du poulet entier, ces abats de par l’abordabilité de leurs prix, représentent une alternative à la viande de volaille.

Sur le marché, chaque morceau est soigneusement trié, regroupé et vendu selon la demande. Les prix sont calculés pour convenir à tous, des ménages modestes aux petits commerçants, transformant ces sous-produits en véritables opportunités économiques.
Ce commerce nourrit plus qu’un estomac : il fait vivre de nombreux acteurs du secteur informel, qui emploie près de 90 % des travailleurs du pays. Ici, chaque abattage raconte une histoire de résilience et d’ingéniosité, loin des circuits formels de l’économie.
Au Cameroun, le secteur avicole contribue à hauteur de 4 % au PIB, avec près de 54 millions de têtes produites en 2024, selon l’Ipavic. Et, la vente des abats de volaille montre comment le secteur informel valorise ce qui semblait inutile, tout en offrant des aliments nutritifs et des revenus aux familles. Chaque jour, ce marché reste essentiel au quotidien de millions de Camerounais.

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