Dans un communiqué publié à l’issue d’une réunion extraordinaire tenue le 3 janvier, le Syndicat national des enseignants du supérieur (SYNES) a annoncé une grève générale pour dénoncer d’importants arriérés de paiement. Le syndicat fait état de dettes accumulées entre 2000 et 2021, ainsi que d’impayés liés aux prestations académiques dans les universités d’État sur la période 2021–2022. Sont notamment concernées les heures complémentaires des jurys de master et de doctorat, les vacations et les expertises dues aux enseignants.
La secrétaire générale du SYNES, la professeure Wogaing Fotso Jeanette, dénonce également le non-paiement de la prime spéciale de modernisation de la recherche, affirmant que près de 80 % des enseignants sont affectés par cette situation. Le syndicat alerte par ailleurs sur la dégradation continue des conditions de vie et de travail du corps enseignant, évoquant des difficultés persistantes liées au régime de retraite, à l’assurance maladie et à une précarisation croissante de la profession.
Ce mouvement social n’est pas inédit. Selon le SYNES, des engagements pris par l’État entre 2024 et 2025 sont restés sans suite. Cette nouvelle grève, qui concerne près de 8 200 enseignants dans les universités publiques, épargnera toutefois les jurys de soutenance de thèse de doctorat/PhD. Elle risque néanmoins de perturber davantage le calendrier académique, déjà fragilisé par les précédentes crises sociales survenues dans un contexte politique tendu après la réélection contestée du président Paul Biya en octobre dernier.





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