L’Eswatini et la Zambie lancent des campagnes de vaccination préventive contre le VIH

En 2024, la région africaine de l’Organisation mondiale de la santé concentrait encore 65 % des 40,8 millions de personnes vivant avec le VIH dans le monde, avec plus de 630 000 décès enregistrés. L’Afrique australe demeure l’épicentre de l’épidémie, où l’Eswatini, l’Afrique du Sud et la Zambie affichent des taux de prévalence parmi les plus élevés du continent. En Eswatini, près d’un adulte sur quatre vit avec le virus. En Zambie, la prévalence dépasse les 20 %, tandis qu’en Afrique du Sud, elle atteint environ 13,5 %. Ces chiffres, issus des données de l’ONUSIDA, rappellent l’ampleur des défis : assurer la continuité des traitements, renforcer les programmes de prévention et surtout accélérer l’accès à des outils innovants.

C’est dans ce contexte que les trois pays ont lancé, lundi 1er décembre 2025, une campagne historique d’administration du Lénacapavir, une injection préventive présentée comme une avancée majeure dans la lutte contre le VIH.  Administré deux fois par an, le Lenacapavir réduit le risque de transmission du VIH de plus de 99,9 %, ce qui en fait, en pratique, l’équivalent d’un vaccin très efficace. En Afrique du Sud, le déploiement est supervisé par l’unité de recherche de l’université de Wits, grâce à un financement de l’agence internationale Unitaid, afin de garantir un accès équitable et transparent.
En Zambie et en Eswatini, les autorités sanitaires ont déjà réceptionné un premier lot de 1 000 doses. Les centres de santé ont été pris d’assaut par des citoyens impatients, certains parcourant de longues distances pour se faire enregistrer. Le ministre zambien de la Santé, Dr Elijah Muchima, a encouragé les personnes vivant avec le VIH à s’engager dans cette initiative qui, selon lui, redonne espoir à la jeunesse et aux communautés vulnérables. Son homologue eswatinien partage cet appel, alors que son pays compte près de 220 000 personnes touchées par le virus.

Si cette campagne pilote suscite enthousiasme et optimisme, elle met aussi en lumière un enjeu crucial : l’insuffisance des infrastructures de santé pour soutenir un déploiement à grande échelle. Les organisations communautaires et les activistes rappellent l’urgence de renforcer les capacités locales pour sauver davantage de vies. L’Afrique du Sud prévoit déjà une extension nationale, avec 400 000 doses attendues l’année prochaine grâce au Fonds mondial de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose. Une perspective qui nourrit l’espoir d’un tournant décisif pour des millions d’Africains, déterminés à briser définitivement le cycle de la transmission.

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