Au Cameroun, le contraste est saisissant dans la filière coton. Entre 2023 et 2024, le pays a produit près de 340 000 tonnes de coton, selon la Société de Développement du Coton. Mais derrière ce volume en hausse, un chiffre interpelle : seulement 5 % de cette production est transformée localement. Et dans ce paysage industriel encore fragile, la CICAM, entreprise publique spécialisée dans le textile, assure à elle seule 90 % de l’ensemble de la transformation nationale. Une situation qui révèle la quasi-absence d’un véritable secteur privé de la mode au Cameroun.
C’est dans ce contexte que s’est tenue à Yaoundé, dans le cadre de la quinzaine de l’évènement « La Mode On Activation », une journée spéciale réunissant créateurs, stylistes et acteurs des industries culturelles. Le 2 décembre, au Djeuga Palace, l’entrepreneur Philippe Tagne Noubissi, PDG de DÔVV Distribution, a livré un diagnostic sans détour sur l’économie créative nationale. Pour lui, les créateurs camerounais doivent désormais dépasser la simple démarche artistique et adopter une vision entrepreneuriale capable de valoriser le potentiel économique de la mode.
Loin d’une vision contemplative de l’art, les créateurs camerounais sont désormais invités à se structurer, à innover et à conquérir de nouveaux marchés. Les échanges de Yaoundé leur offrent des clés concrètes pour franchir ce cap et mieux exploiter le potentiel économique d’une filière encore sous-valorisée, mais riche d’opportunités pour l’ensemble du continent.





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