À Kaya, au centre-nord du Burkina Faso, le musée des fourneaux offre une plongée rare dans l’univers de l’extraction artisanale du fer. Créé en 2001 par l’association Passate, ce site culturel rassemble une dizaine de fourneaux traditionnels venus du Burkina, d’autres régions d’Afrique et même d’Amérique. Un patrimoine unique, conçu pour préserver et faire découvrir des techniques multi millénaires.
Au cœur du musée, les forgerons redonnent vie à un savoir-faire transmis de génération en génération : l’« accouchement du fer ». Cette méthode ancestrale, qui consiste à extraire le métal de la gangue par la maîtrise du feu et du souffle, continue d’impressionner par son efficacité. Une fois libéré du fourneau, le fer de Kaya se révèle d’une qualité remarquable, prête à être façonné pour tous les usages, rivalisant parfois avec les méthodes industrielles contemporaines.
EXTRAIT SAYOUBA JACOB BAMOGO, PRESIDENT DE L’ASSOCIATION CULTURELLE PASSATE/KAYA
Plus qu’un espace d’exposition, le musée s’inscrit dans une démarche de valorisation culturelle et pédagogique. L’association Passate y voit un outil essentiel pour préserver une mémoire collective menacée et transmettre aux jeunes générations les gestes, la créativité et la symbolique qui entourent la métallurgie africaine. Inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2019, le site joue un rôle clé dans la sauvegarde de ce savoir-faire.
Sur le plan socioéconomique, l’artisanat du fer représente également une opportunité. Selon un rapport de l’Institut national de la statistique et de la démographie publié en avril 2025, le chômage au Burkina Faso demeure à 3,5 %, un taux qui touche particulièrement les jeunes. Dans ce contexte, les métiers artisanaux qui comptent pour plus de 25 % du PIB et mobilisent plus d’un million de travailleurs selon l’Unesco, apparaissent comme un secteur porteur. Le musée des fourneaux de Kaya, en ravivant cette tradition, devient ainsi un tremplin pour l’insertion et la formation.





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